Ordinateur ou stylo-plume ? Aujourd’hui, sur les bancs de la faculté, le cliquetis des doigts qui tombent sur le clavier a remplacé le délicat grincement de la plume sur le papier. Aux buvards et aux encriers, en tant qu’étudiant, on préfère désormais se munir d’une bonne machine à écrire. Mais qu’en est-il de l’enseignement secondaire ? Dans les classes de collège et de lycée, sauf exception, le stylo Bic est toujours de mise. Toutefois, avec les progrès technologiques actuels, on peut légitimement se poser la question d’une potentielle généralisation de l’ordinateur à l’école. Alors… ordinateur : danger ou progrès ?
L’ordinateur : gain de temps, gain d’argent ! À quoi bon s’accrocher au papier pour nos enfants lorsque l’on sait qu’ils devront tôt ou tard, par la force des choses, utiliser un clavier ? On ne peut pas le nier : l’ordinateur est un outil extraordinaire, un « facilitateur » qui amplifie notre productivité. Pourquoi donc rejeter cet outil, en sachant qu’un individu écrit en moyenne 60 mots par minute avec un ordinateur contre 25 à l’écriture manuelle ?
Sur le plan psychologique Gain de temps, gain d’argent, peut-être… Mais qu’en est-il de l’apprentissage profond du langage, de l’écriture et de la lecture ? Plusieurs études psychologiques s’accordent pour dire que l’écriture manuscrite contribue à une meilleure mémorisation des lettres chez les enfants. Mais, bien au-delà de l’apprentissage du langage, écrire à la main permet également un « encodage plus profond » de l’information. Autrement dit, un élève qui prendrait ses notes à la main retiendrait beaucoup mieux le contenu de son cours.
Ces résultats s’expliquent de plusieurs manières. D’un point de vue neurologique, l’écriture manuscrite sollicite un nombre plus important de zones du cerveau : cortex moteur, sensorimoteur, aires visuelles, hippocampe… C’est toute la machine qui s’active ! D’un point de vue cognitif, la lenteur de l’écriture favorise une meilleure implication dans le processus mémoriel. En d’autres termes, le caractère « proactif » de l’écriture favorise davantage l’acquisition personnelle du contenu.
Le stylo : l’écriture sous la peau Plutôt que la quantité effrénée de l’ordinateur, préférons la qualité de notre vieux crayon de papier. Écrire, c’est s’abaisser à la lenteur de notre corps, certes, mais c’est surtout avoir le temps de prendre son temps et ainsi développer son esprit critique et son esprit d’analyse. L’écriture manuscrite est proportionnée à la vitesse réflexive de la pensée humaine. L’ordinateur, lui, va trop vite. Soyons donc « humain, trop humain », et laissons à demain l’usage de la machine.
Hortense DULOUT
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