L’orientation des jeunes vers les filières professionnelles, mieux considérée désormais, est rarement la première option. Pourtant une meilleure connaissance des métiers et des évolutions de carrière éviterait pertes de temps et démobilisation.
Tout d’abord, le choix d’un parcours vers l’enseignement professionnel se heurte encore souvent à des représentations plutôt négatives. On peut identifier deux syndromes : le mur – s’orienter dans le professionnel serait une décision guidée par l’échec, le signe d’un chemin emprunté à regret quand d’autres voies se sont fermées ! ; l’ornière – opter pour le professionnel serait l’engagement dans une voie sans évolution ultérieure.
Il est aussi grand temps de balayer certains préjugés qui concentrent l’intérêt sur les voies classiques d’enseignement et de garder en tête qu’une formation a pour objectif premier de déboucher sur un métier !
Pour autant, de nombreux jeunes n’ont pas eu l’opportunité d’entrer « physiquement » en contact avec certains métiers et ont donc du mal à appréhender la réalité alors qu’ils ont été confrontés à l’abstraction durant leurs parcours scolaire. L’approche tardive d’un geste technique en classe de 3e les désarçonne et envisager dès lors un objectif de professionnalisation semble incongru.
Mais qu’est-ce qu’un métier ?
C’est un champ de compétences apprises et maîtrisées, en constante évolution, ajustement, perfectionnement. C’est un champ social dans lequel s’insèrent l’individu, la structure d’entreprise, les collègues de travail, les partenaires.
C’est aussi un lieu psychologique, un espace de réalisation de soi. Il donne en partie sens à une vie.
Tout entreprendre pour faire le bon choix devient un enjeu important, où chacun espère ne pas s’engager dans un univers fait uniquement de contraintes, un univers imposé où la personne resterait inéluctablement prisonnière d’une condition initiale.
Si tous les jeunes ne feront pas l’ensemble du parcours possible d’un métier, ils peuvent se qualifier par palier : le CAP en 2 ans, très apprécié des entreprises pour ses compétences de bases ; le bac pro, centré sur l’action, qui, en 3 ans, apportera les compétences à la fois techniques et déjà une réflexion solide pour traiter les problèmes ; le BTS qui fera entrer le jeune en études supérieures.
La formation continue dans l’entreprise offrira ensuite de nouvelles possibilités de progresser.
On fait beaucoup pour aider à l’orientation des jeunes : forum dans les établissements, entretiens individuels, mini stage, journée portes ouvertes, Mondial des métiers… Continuons nos actions, continuons à montrer et expliquer les parcours d’excellence que propose la formation professionnelle.
Jacques Grosson
chef d’établissement LP Saint-Joseph, Lyon