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Enseignement privé

Au Lycée E. Gautier, à Ressin, éducation et engagement

Education et engagement

Don Bosco voulait faire de ses jeunes « de bons chrétiens et d’honnêtes citoyens ». En effet, son intention première était de sauver des âmes, comme on disait à l’époque. La devise qu’il avait affichée dans son bureau, « Da mihi animas, coetera tolle » : « donne-moi des âmes et prends le reste », l’exprimait bien. Ce grand éducateur était avant tout prêtre et sa mission consistait à être au service du peuple de Dieu.

Mais un autre volet de sa vie, aussi important que le premier, c’était de faire des jeunes qu’il accueillait de bons citoyens. Qu’est-ce à dire ? Jean Bosco a vécu dans l’Italie du XIXème siècle, morcelée géographiquement et politiquement. Lui, piémontais, appartenait au royaume de Sardaigne, et il vécut au moment de risorgimento, au moment de la fondation de l’unité italienne. Ce fut une époque troublée, avec des luttes fratricides parfois, et des querelles vives. Les jeunes de l’oratoire, qui travaillaient en ville n’étaient pas sans être influencés par les différents courants. Don Bosco, quant à lui, se voulait en dehors de tout cela et disait pratiquer la politique du Notre Père, une sorte de neutralité ; mais son influence sur les jeunes inquiétait les autorités, ce qui lui valut quelques soucis.

On comprend donc que, dans ce contexte, un des buts de ce grand éducateur était de former d’honnêtes citoyens.

La pédagogie de Don Bosco s’inspire beaucoup de Saint François de Sales qui estime que l’homme se construit à partir de l’intérieur : « Il faut commencer par l’intérieur, c’est à dire par le coeur, siège de la volonté et source de toutes nos actions », et il ajoute : « le deuxième point consiste à chercher à gagner l’affection de l’autre, de façon à établir avec lui une bonne relation éducative » (St François de Sales et l’éducation)

La pédagogie salésienne de Don Bosco utilisée dans notre maison va dans le même sens. Et, si les temps ont changé, si le contexte politique a évolué, il n’en reste pas moins que la tâche de former d’honnêtes citoyens est toujours une nécessité éducative.

Prenons la définition du dictionnaire. « Le citoyen, c’est celui qui participe de son plein gré à la vie de la cité. Il partage, avec ses concitoyens, le pouvoir de faire la loi, le pouvoir d’élire et, le cas échéant, d’être élu. » Il est sujet de droits et de devoirs vis à vis de la cité et de l’état. Former des hommes capables de vivre cette réalité au quotidien reste donc une priorité de l’éducation salésienne. Ressins, depuis presque cent ans, pratiquant cette pédagogie vis à vis des jeunes, on en connaît les fruits.

Je me souviens que, jeune salésien, dans la Marne, Mgr. Marty, Archevêque de Reims nous disait que, lorsqu’il allait en visite pastorale, il rencontrait beaucoup de maires ou responsables locaux qui lui disaient être d’anciens élèves des salésiens. Il en était impressionné.

On peut affirmer, sans se tromper, que nombreux sont les anciens élèves de Ressins qui, marqués par les figures de grands salésiens qui ont oeuvré dans notre maison, ont pris des responsabilités un peu dans tous les domaines.

Etre bon citoyen, de nos jours, c’est s’engager pour le bien des autres dans la cité, au plan politique, (maires, adjoints, conseillers municipaux) ; au plan associatif, ce qui est souvent la marque de la fraternité, de la solidarité, de la charité (CCFD ; Secours Catholique ; personnes âgées ; sport ; culture…) ; au plan paroissial, dans les différents services d’Eglise (conseil économique; commission pastorale ; commission liturgique ;service des malades ; équipe de funérailles ; préparation au baptême ; préparation au mariage ; catéchèse…).

Etre bon citoyen, de nos jours, c’est encore voir plus loin que les frontières de son village ou de sa ville. Ce peut être, au plan politique, prendre sa place pour représenter ses concitoyens au Parlement, au Sénat, au conseil régional, au conseil du département, ou à la communauté de communes dans ses différentes implications ; au plan des organisations professionnelles, GAEC, CUMA, ou autres groupements, chambre d’agriculture, syndicat professionnel agricole ou autres ; au plan diocésain, diaconat, pastorale de la santé, pastorale des migrants et différents autres conseils.

Etre bon citoyen, de nos jours, c’est  regarder au-delà de nos départements ou régions, voire de notre pays ; un ancien de Ressins siège au Parlement européen, par exemple

Etre bon citoyen, de nos jours, c’est être citoyen du monde. Beaucoup d’échanges internationaux sont pratiqués dans notre maison : Angleterre ; Irlande ; Espagne ; Roumanie ; Ukraine…  Plusieurs professeurs de Ressins, depuis des années, ont entraîné des jeunes dans des missions humanitaires en Afrique, à Madagascar.  Simon Pierre Escudero a travaillé, un certain temps, auprès de l’ONU, à Genève, dans le groupe salésien dirigé par sœur Maria Grazzia Caputo ; maintenant, il travaille, au Salvador, auprès des enfants des rues.

Etre bon citoyen, de nos jours, c’est aussi s’engager dans un mouvement mondial de chrétiens, tel que les « salésiens coopérateurs » dont un groupe vient de prendre naissance à Ressins. C’est encore se montrer solidaire des grandes causes de l’humanité telle que la faim dans le monde, l’éradication de l’esclavage, la lutte contre toutes les discriminations, la dignité de l’homme et le respect de ses droits inaliénables. Pour cela, chacun peut aider de ses deniers, soutenir par divers moyens (pétitions, pression de tous ordres…) ou payer de sa personne…

Pour être bon citoyen, il ne nuit en rien d’être bon chrétien, bien au contraire, car la foi en Jésus Christ et l’attachement à son message d’amour universel sont une incitation pour toute action. L’Esprit de force présent dans la personne du chrétien le soutient dans ses engagements.

Gageons que l’éducation donnée dans notre maison de Ressins formera encore très longtemps des citoyens dignes de ce nom et c’est le but que veut poursuivre le « Défit Citoyenneté », mis en place depuis peu, afin de booster les jeunes dans leur implication au service de la collectivité et du « Bien Commun », comme le dit le Pape François.

Père Paul RIPAUD, Responsable de la communauté salésienne de Ressins

 

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